Une banlieue industrielle de Kyoto.

Dans la banlieue proche de Kyoto, la ville de Yamashina comprend de nombreuses petites et moyennes implantations industrielles sur son territoire.
En se promenant du nord au sud de la ville, les industries existent sans se cacher.

Avec mes yeux étonnés d’Européenne, au détour d’une ruelle, d’un chemin le long du canal ou d’un boulevard, j’observe souvent au dernier moment ces locaux dont les hauteurs se détachent de leur environnement.
Les habitations et les usines cohabitent, accolées les unes aux autres de manière anodine, comme si le risque industriel et les pollutions potentielles n’existaient pas. Cette observation interroge sur le risque industriel, les normes et la manière dont il est perçu par les habitants. Ces industries ne sont pas dans des zones dédiées, mais bien dans la ville, un tissu urbain dense. Ces usines forment ainsi un espace où des fonctions, des normes et des architectures coexistent à un degré tel que je n’ai jamais pu observer en France.

Cette proximité est très souvent vue comme rédhibitoire aux yeux des Français, ici, cela semble sans cause à effet. La densité des habitations autour des industries est certaine. S’en ai à se demander si cette proximité n’est pas désirée par les habitants pour une plus grande proximité avec leur lieu de travail pour gagner en efficacité (surtout lorsque l’on sait que la culture du travail au Japon est dominée par le dévouement à l’entreprise et que les heures dédiées au travail sont majoritaires).

Dans la rue, vers midi, de nombreux ouvriers, femmes et hommes avec leur uniforme de travail affluent et prenant des directions distinctes, à pied, à vélo, se mélangeant aux enfants en uniforme scolaire.

Les quartiers traversés sont ainsi denses, mixtes, créés par des paysages variés et des superpositions de matières hétéroclites.

Yamashina et industries – 2025 © Alice Bagot

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